Pathologie inflammatoire chronique de la peau, la dermatite atopique se caractérise par une sécheresse cutanée associée à des plaques d’eczéma.
On sait que :
Toutes ces observations semblent indiquer l’implication de plusieurs facteurs environnementaux dans l’expression de la dermatite atopique, mettant notamment en jeu des facteurs microbiens et des facteurs favorisant ou aggravant la sécheresse cutanée.
La prise en charge s’oriente autour de deux axes : le traitement des crises d’eczéma et la lutte contre la sécheresse cutanée en période de rémission. Face à l’altération de la barrière cutanée, probablement à l’origine de la dermatite atopique, les produits dermocosmétiques (produits d’hygiène et émollients) peuvent jouer un rôle essentiel en support du traitement des crises.
Les syndets ont démontré leur intérêt par rapport aux savons traditionnels.
Leur composition chimique est complexe : leurs propriétés lavantes et purifiantes reposent sur des molécules amphiphiles appelées tensioactifs.1 Les tensioactifs sont constitués d’une partie hydrophile (la tête) et d’une partie apolaire hydrophobe (la queue). En milieu aqueux, ils forment des micelles solubles capables de transporter les fragments lipidiques et les autres débris présents à la surface de la peau.
Les molécules amphiphiles se divisent en deux types : d’un côté les molécules amphiphiles naturelles (acides gras d’origine végétale, tels que l’huile d’olive, de palme, de laurier ou de coco) couramment appelées savons, de l’autre les molécules issues de la pétrochimie (détergents synthétiques ou syndets). Ces derniers sont des acides gras à chaîne longue à la composition très variable, généralement classés en fonction de leur polarité.

La plupart des syndets associent ces différents tensioactifs afin d’améliorer la texture, le pouvoir moussant, la solubilité et les propriétés de rinçage. La mention « sans savon » signifie uniquement que le produit ne contient que des acides gras synthétiques (extrait de pétrole) et qu’il est totalement exempt de sels d’acides gras végétaux (huile d’olive ou de laurier par exemple).
Quelle sécurité à long terme pour ces produits ?
Les syndets présentent la même structure chimique que les savons naturels : ils sont amphiphiles. Ils nettoient la peau et sont donc légèrement agressifs puisqu’ils altèrent la barrière cutanée en solubilisant les lipides de la couche cornée.
Les formes anioniques présentent les mêmes caractéristiques que le savon naturel. Leur tête est chargée négativement. Elles sont présentes dans la plupart des produits de soins et ont une double action sur la surface de la peau :

L’application d’émollients chez les patients atteints de dermatite atopique permet de réduire la sécheresse cutanée et les démangeaisons et d’espacer les crises.2 Ils représentent un complément essentiel au traitement envisagé.

Les recommandations de prise en charge de la dermatite atopique en France datent de 2005.
Avant tout, le patient et sa famille doivent recevoir des explications sur les éléments suivants :
L’utilisation de produits nettoyants inadaptés contenant des détergents (et parfois même du laurylsulfate de sodium) est à éviter, car ils pourraient contribuer à l’altération de la barrière cutanée.
L’apparition de picotements ou de sensations de brûlure au niveau des zones traitées par des émollients peut être la conséquence d’une sensibilisation à l’un des composants (un extrait végétal par exemple) ou une exacerbation de l’eczéma sous-jacent.
Il est alors recommandé d’arrêter l’application d’émollients et de les remplacer par des dermocorticoïdes pendant quelques jours.
L’altération de la barrière cutanée et la sécheresse cutanée sévère sont des éléments importants de la physiopathologie de la dermatite atopique. Les traiter permet de réduire l’intensité et le nombre de crises et d’améliorer la qualité de vie des patients.
Deux comportements complémentaires doivent être adoptés : avoir une bonne hygiène quotidienne et appliquer régulièrement des soins émollients adaptés aux peaux atopiques.
Il est essentiel d’éviter des mesures d’hygiène excessives, car elles favorisent la sécheresse cutanée et les démangeaisons et entretiennent l’eczéma.
L’utilisation d’émollients est indispensable. Il a été établi qu’ils constituent des soins d’accompagnement adaptés en complément d’une prise en charge efficace de la dermatite atopique. Leur utilisation doit s’accompagner de conseils adaptés.


Bibliographie